RDC : Israël Mutombo appelle à perdre la petite raison pour sauver la grande face à la crise à l’Est

Le journaliste Israël Mutombo a appelé, ce mercredi 10 décembre, les acteurs politiques congolais à privilégier l’unité nationale face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Lors de la première partie de son émission de ce mercredi 10 décembre, le journaliste a livré un message inhabituellement solennel, exhortant les leaders politiques congolais à surmonter leurs divergences pour se concentrer sur la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, le pays vit un moment critique qui exige une maturité politique exceptionnelle.
« Quand un peuple n’est plus à mesure de défendre ses droits et ses intérêts, ce peuple est mûr pour l’esclavagisme. », a-t-il averti, appelant les Congolais à mettre en avant ce qui les unit.
S’exprimant dans un contexte marqué par la progression des forces du AFC/M23 et l’inquiétude croissante d’une balkanisation, le journaliste a insisté sur la nécessité d’un dialogue interne impliquant toutes les figures majeures de la scène politique.
« Est-ce que Félix Tshisekedi aujourd’hui ne peut pas parler avec Fayulu ? Pourquoi ne peut-il pas parler avec Kabila ? », a-t-il lancé.
Pour lui, les relations entre dirigeants ne devraient pas être prisonnières d’antagonismes personnels. Le chef de l’État peut parler avec tout le monde, rien que pour l’unité du pays.
Mutombo estime que les crises passées ont prouvé que le Congo ne peut s’en sortir sans concertation nationale. Il rappelle notamment le gouvernement de transition mis en place en 2003, aussi connu sous le nom de formule 1+4, instauré après les guerres, comme exemple d’un compromis nécessaire pour éviter l’effondrement de l’État :
« Kabila avait accepté de perdre la petite raison, et tout le monde était venu pour le dialogue interne autour d’une table. »
Il a ainsi appelé les principaux leaders politiques, Félix Tshisekedi, Joseph Kabila, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Jean-Pierre Bemba à se réunir pour une discussion franche, sans médiation étrangère.
« Acceptons de perdre la petite raison pour avoir la grande raison. », a-t-il martelé, reprenant l’histoire biblique du roi Salomon, qui avait utilisé la sagesse pour départager deux femmes se disputant un enfant.
Pour Mutombo, la priorité doit être la cohésion interne afin d’affronter efficacement les menaces extérieures :
« On ne peut pas gagner deux combats à la fois, un combat interne et un autre à l’externe. »
Il regrette les accusations répétées visant notamment l’ancien président Joseph Kabila comme responsable de l’AFC/M23. Selon lui, ce type d’accusations détourne l’attention de la véritable urgence.
« L’ennemi prend des parties du pays petit à petit et il avance lentement, car il cherche la division entre nous-mêmes, Congolais. Nous devons être vigilants, car le temps ne joue pas en faveur du régime en place. »
Le journaliste estime que même les acteurs ayant rejoint des mouvements hostiles au régime peuvent être réintégrés dans un cadre de réconciliation nationale.
« On peut appeler Corneille Nangaa et lui dire, on t’avait trompé, retourne par la force à ton pays. »
Selon lui, la colère, la frustration ou la précarité ne doivent pas devenir des prétextes pour rompre avec la patrie.
Mutombo a élargi son message au peuple dans son ensemble, rappelant que l’héritage laissé à la prochaine génération dépendra des décisions prises aujourd’hui.
« Ne soyons pas la génération qui va diviser le Congo. Le Congo vous a été donné uni, et il doit rester uni sans division. », a-t-il plaidé, soulignant que la classe politique détient encore la possibilité de stopper la spirale du conflit et d’éviter un scénario de délitement national.
Pour Israël Mutombo, l’équation est simple, dans une période où l’ennemi progresse, seule l’unité peut encore sauver le Congo. Et son appel résonne comme une mise en garde autant que comme une main tendue. Le Congo est un. Acceptons de perdre la petite raison pour lui permettre de gagner la grande.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
