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KInshasa : justice et urbanisme mobilisés face à un déguerpissement illégal de l’immeuble ATF

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Deux membres du gouvernement se sont rendus sur place à la Gombe pour dénoncer un déguerpissement jugé illégal et annoncer des mesures judiciaires.

Ce jeudi 19 mars 2026, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, un déguerpissement contesté a visé les occupants de l’immeuble ATF, une propriété de l’État congolais située au croisement des avenues de la Gombe et du Haut-Commandement.

L’incident a rapidement suscité une réaction des autorités gouvernementales, qui dénoncent une opération illégale liée au phénomène dit « Folio ».Descendus sur les lieux, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro, ont fermement condamné cette opération.

Selon le ministre de la Justice, il ne s’agit pas d’un déguerpissement légalement encadré, mais bien d’une action frauduleuse orchestrée à travers des pratiques assimilées au phénomène « Folio ».

« C’est le fruit du phénomène Folio. Des individus se sont servis d’un jugement fictif et d’un huissier judiciaire pour expulser des occupants », a-t-il déclaré, tout en annonçant l’ouverture imminente d’un procès en flagrance contre les auteurs présumés.

Le ministre a également mis en garde contre la prolifération de ces réseaux, qu’il accuse de produire de faux jugements et de porter atteinte à la sécurité juridique des citoyens, y compris des magistrats résidant dans cet immeuble.

De son côté, Alexis Gisaro a souligné la nécessité d’une réponse coordonnée de l’État face à ce type de dérives. Il a indiqué que des services ont été mobilisés pour sécuriser les lieux et protéger les occupants, tout en enclenchant une procédure visant à rétablir les droits de l’État sur ce bien.

Il a par ailleurs évoqué la mise en place d’un cadre de concertation regroupant plusieurs institutions, notamment la Justice, l’Urbanisme, les Affaires foncières et la Présidence de la République, afin de lutter efficacement contre ces pratiques.Sur place, le directeur de cabinet du ministre de l’Urbanisme, le professeur Jean-René Boongi, a rappelé que l’immeuble ATF appartient à l’État congolais depuis l’indépendance.

Il a précisé qu’après avoir été mis à la disposition de la coopération française en 1975 pour une durée de 25 ans, le bâtiment avait été officiellement restitué à l’État en 2000.

Il a également décrit les conséquences de cette opération, évoquant des scènes de désordre au cours desquelles plusieurs familles ont été expulsées, leurs biens jetés à l’extérieur, certains effets personnels emportés et des cas de violences signalés.

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L’intervention de la police provinciale et de l’auditorat militaire a permis de contenir la situation.Les autorités gouvernementales ont réaffirmé leur détermination à faire toute la lumière sur cette affaire et à poursuivre les auteurs de ces actes, afin de protéger les biens publics et de garantir la sécurité juridique des citoyens.

Cette affaire relance le débat sur le phénomène « Folio » en République démocratique du Congo et met en évidence l’urgence de renforcer les mécanismes de contrôle judiciaire pour préserver les droits fonciers et lutter contre les pratiques frauduleuses.

Abdoul ULAFIA

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