Ituri : Kasenyi face aux tracasseries militaires et aux menaces sur le lac Albert

À Kasenyi, dans le secteur des Bahema Sud, les habitants ont fait part de leurs inquiétudes concernant la sécurité et les conditions de vie, lors d’une rencontre organisée par la société civile provinciale.
Ce jeudi 5 février 2026, le coordonnateur provincial de la société civile de l’Ituri, l’ingénieur Dieudonné Lossa, a tenu une séance de consultation avec les habitants de Kasenyi. Cette rencontre a rassemblé plusieurs couches de la population, désireuses de faire connaître les difficultés quotidiennes auxquelles elles font face dans le territoire d’Irumu.
Parmi les préoccupations majeures exprimées, la dégradation avancée de la route Kasenyi–Bunia a été largement dénoncée, rendant les déplacements presque impossibles. Les participants ont également signalé des tracasseries de la part de certains militaires le long de ce tronçon routier, ainsi que des problèmes liés à la pêche sur le lac Albert.
Les pêcheurs dénoncent notamment des prélèvements forcés et des pressions exercées par certains membres de la force navale et par la milice FRPI, qui continue de perturber leurs activités. L’absence d’un service technique chargé de la régulation de la pêche a été soulignée comme un facteur aggravant, risquant de transformer le lac en un espace chaotique et non réglementé.
« Nous avons voulu nous imprégner de la situation réelle sur le terrain, explique Dieudonné Lossa. Les habitants se plaignent des tracasseries sur la route et sur le lac Albert, où certains sont contraints de céder du poisson ou de payer pour exercer leur activité. Ces doléances seront transmises aux autorités pour que des solutions urgentes soient trouvées. »
Selon le coordonnateur, cette consultation s’inscrit dans une mission d’itinérance annuelle de la société civile dans différentes entités de l’Ituri, visant à identifier les problèmes locaux et à appuyer les réponses institutionnelles.
Face à ces multiples défis, la population attend désormais des mesures concrètes pour sécuriser leurs activités économiques et améliorer leurs conditions de vie.
Par : Augustin NDJABU

