
À Kisangani, la coordonnatrice provinciale du Programme national de la santé reproductive tire la sonnette d’alarme sur le manque de commodités essentielles, un facteur aggravant de la mortalité maternelle dans la province.
À l’occasion d’une séance de plaidoyer organisée le 31 mars 2026 à Kisangani, dans la salle du restaurant La Fauchette, la coordonnatrice provinciale du Programme national de la santé reproductive (PNSR), Sœur Dr Thérèse Marie Mokaria, a dressé un constat préoccupant de la situation sanitaire liée à la santé maternelle dans la province de la Tshopo.
Face aux journalistes, elle a insisté sur l’urgence de renforcer les capacités des structures de santé, confrontées à une pénurie généralisée de médicaments et d’équipements indispensables.
« Nous avons besoin de beaucoup de commodités en rapport avec la santé de la mère et de l’enfant, notamment les médicaments qui sauvent des vies », a-t-elle déclaré.
Parmi les intrants jugés essentiels, la religieuse et médecin cite notamment les médicaments utilisés en salle d’accouchement pour prévenir les complications graves.
« Les 13 médicaments traceurs ne peuvent pas manquer. Le cytocine, le misoprostol, les antibiotiques ou encore les produits disponibles dans les banques de sang sont indispensables pour sauver la vie de la mère et de l’enfant », a-t-elle précisé.
Au-delà des médicaments, la situation des produits de planification familiale reste tout aussi critique. Selon elle, la province fait face à une rupture quasi totale des contraceptifs.
« Nous sommes à la rupture de ces produits. Pourtant, ils sont essentiels pour contribuer à la réduction des décès maternels et périnataux », a-t-elle alerté.
Le manque ne se limite pas aux intrants pharmaceutiques. Les équipements de base font également défaut dans plusieurs structures sanitaires, compliquant la prise en charge des cas d’urgence.
« Les bonbonnes à oxygène pour la réanimation, les tensiomètres, les kits d’accouchement ou de césarienne ne sont pas disponibles. Dans certaines maternités, les conditions d’accouchement restent très précaires », a déploré Sœur Dr Mokaria.
Cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par une augmentation continue de la mortalité maternelle dans la province. Pour l’année 2025, le ratio est estimé à 169 décès pour 100.000 naissances vivantes, un chiffre déjà alarmant, mais qui reste en deçà de la réalité.
« Ces données sont rapportées, mais il existe un sous-rapportage important. Beaucoup de décès surviennent dans la communauté sans être signalés », a-t-elle expliqué.
Selon elle, la faible notification des cas, parfois liée à des réticences sociales ou administratives, empêche d’avoir une lecture fidèle de l’ampleur du phénomène.
Dans ce contexte, le plaidoyer en faveur du décaissement effectif des fonds destinés à la planification familiale et à l’acquisition des commodités sanitaires apparaît comme une étape cruciale. Pour les acteurs du secteur, il ne s’agit plus seulement d’un engagement politique, mais d’une urgence de santé publique.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS