Finances publiques : Le gouvernement congolais table sur une pression fiscale de 12,5 % du PIB en 2026

Réuni à Kinshasa, le gouvernement de la République démocratique du Congo a fixé ses priorités budgétaires pour 2026, misant sur une hausse significative des recettes internes afin de soutenir un budget en nette progression.
Réuni vendredi 9 janvier 2026 à Kinshasa, lors de sa 74ᵉ réunion, le Conseil des ministres a exhorté les administrations financières du pays à intensifier la mobilisation des recettes publiques. Cette orientation vise à garantir l’exécution et la soutenabilité du budget de l’État pour l’exercice 2026.
S’exprimant à l’issue de la réunion, le porte-parole du gouvernement a indiqué que l’exécutif entend renforcer la contribution fiscale à l’économie nationale. Dans cette perspective, la pression fiscale est projetée à 12,5 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2026, contre un niveau inférieur les années précédentes.
Selon les projections officielles, cette dynamique devrait permettre de générer environ 13,4 milliards de dollars de recettes courantes. À moyen terme, les autorités ambitionnent d’atteindre une pression fiscale moyenne de 17 % du PIB à l’horizon 2030, correspondant au niveau observé dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, pour des recettes estimées à près de 26 milliards de dollars américains.
La loi de finances pour l’exercice 2026, promulguée le 29 décembre 2025, fixe le budget général de l’État à 59 021 milliards de francs congolais, en équilibre entre recettes et dépenses. Cette enveloppe représente une hausse d’environ 16 % par rapport au budget rectificatif de 2025, arrêté à 50 692 milliards FC.
Le gouvernement justifie cette augmentation par la nécessité de financer les priorités nationales, notamment la sécurité, la relance et la transformation de l’économie, ainsi que la poursuite des programmes sociaux tels que la gratuité de l’enseignement primaire et la couverture santé universelle. L’exécutif a, par ailleurs, insisté sur le respect strict des règles d’exécution budgétaire.
Parmi les réformes annoncées figure également la déconcentration progressive de l’ordonnancement, qui sera expérimentée au sein de neuf ministères pilotes, dans l’objectif d’améliorer la transparence, la discipline budgétaire et l’efficacité de la dépense publique.
Pour mémoire, le budget 2024 avait été arrêté à 40 464 milliards FC, marquant une augmentation de près de 25 % par rapport à 2023. En 2025, l’enveloppe initiale de 49 846,8 milliards FC avait été revue en cours d’exercice, pour être ramenée à 50 691,8 milliards FC, dans un contexte marqué par des contraintes économiques et sécuritaires.
Malgré la volonté affichée, l’atteinte des objectifs de pression fiscale reste conditionnée à plusieurs défis, notamment l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre l’évasion, ainsi que les difficultés de collecte dans certaines zones affectées par l’insécurité.
À travers le budget 2026, l’exécutif congolais affiche ainsi une ambition claire, renforcer l’autonomie financière de l’État, tout en posant les bases d’une gestion plus rigoureuse et durable des finances publiques.
Abdoul ULAFIA

