Est de la RDC : Après plusieurs échecs diplomatiques, la Zambie entre en scène

Alors que les tentatives menées à Doha, Washington, Luanda ou encore Kampala peinent à enrayer la crise persistante à l’Est de la République démocratique du Congo, la Zambie tente une percée diplomatique décisive. Lusaka veut transformer l’impasse en opportunité régionale.
Face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, la Zambie s’impose comme un nouvel acteur de poids dans les efforts de stabilisation. Du jeudi 8 au samedi 10 janvier 2026, la ville de Livingstone accueillera une réunion régionale de haut niveau à l’initiative de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), à la demande de laquelle le gouvernement zambien a répondu sans délai.
Organisée par le ministère zambien de la Défense, cette rencontre stratégique réunira les ministres de la Défense et les chefs des forces armées des douze États membres de la CIRGL. Objectif est de dresser un état des lieux commun de la crise sécuritaire à l’Est de la RDC et examiner les moyens concrets de renforcer la coordination militaire et diplomatique au niveau régional.
Cette initiative marque un tournant dans la gestion du conflit congolais. Malgré plusieurs processus de paix lancés ces dernières années de Doha à Washington, en passant par Luanda et Kampala aucun n’a réussi à inverser durablement la tendance. Pour de nombreux analystes, l’approche zambienne, plus inclusive et centrée sur une vision régionale intégrée, pourrait ouvrir un nouveau chapitre.
Pour le président zambien Hakainde Hichilema, l’instabilité dans l’Est de la RDC ne saurait être considérée comme une affaire interne :
« L’insécurité chez un voisin est une menace pour nous tous », martèle-t-il. Une position claire, traduite par l’accueil de ce sommet à Livingstone, ville symbolique de paix et de dialogue.
Les attentes sont élevées. Cette réunion est perçue comme une tentative de relancer une réponse collective à un conflit ancien, complexe et aux implications régionales multiples. Au cœur des échanges, l’action conjointe contre les groupes armés, le renforcement du renseignement partagé, et une volonté politique renouvelée.
Reste à savoir si cette dynamique impulsée depuis Lusaka pourra rallier suffisamment de volonté politique dans la région pour passer du discours à l’action.
Par : Doly MUNTU

