Assemblée nationale : Théoveul Lotika salue une loi révolutionnaire sur le Barreau mais alerte sur l’interdiction du vote par procuration

Lors de la plénière du 21 novembre 2025, le député national de Kisangani, Théoveul Lotika, a appuyé la proposition de loi portant organisation du Barreau, tout en soulevant des inquiétudes liées à la mobilité des avocats et au refus du vote par procuration.
La révision de la loi régissant l’organisation du Barreau a dominé les échanges à l’Assemblée nationale ce vendredi 21 novembre. Parmi les voix les plus marquantes, celle de l’élu de Kisangani, Théoveul Lotika, qui a qualifié le texte de loi révolutionnaire, estimant qu’il renforce la place et le statut des avocats longtemps perçus comme des subalternes des magistrats.
Soutenant la philosophie générale de la réforme, le député a toutefois attiré l’attention sur certains aspects pratiques, notamment l’interdiction du vote par procuration dans les assemblées électives. S’appuyant sur l’article 71 de la proposition de loi, il a rappelé qu’il est dit que les décisions de l’Assemblée générale sont prises à la majorité des voix des membres présents et que le vote par procuration est interdit.
Pour Théoveul Lotika, cette disposition ne tient pas compte de la réalité professionnelle des avocats, souvent amenés à se déplacer.
« Étant entendu que l’avocat, c’est un homme très mobile, il peut se trouver ou se retrouver ailleurs pour défendre ses clients », a-t-il argumenté.
Il a donc invité les auteurs de la loi à envisager des solutions adaptées à l’évolution des pratiques :
« Je pense que vous devriez plutôt évoluer, parce que la technologie évolue aussi. On pouvait même envisager le vote par vidéoconférence. »
Par ailleurs, le député s’est réjoui de constater que la nouvelle législation reconnaît désormais aux avocats un privilège de poursuite, mesure qu’il a qualifiée de très bonne chose. Toutefois, il a proposé d’aller plus loin encore :
« Par rapport à son rang, pourquoi ne pas aussi penser à lui attribuer les privilèges de juridiction ? »
Tout en remerciant le Bureau et ses collègues, Théoveul Lotika a conclu en espérant que ces préoccupations seront prises en compte au sein de la commission chargée d’examiner le texte :
« Votre commentaire compte assez. Je pense que je peux me limiter là. »
La balle est désormais dans le camp de la commission parlementaire, qui devra trouver l’équilibre entre modernisation du Barreau, protection du métier d’avocat et adaptation aux réalités technologiques du XXIᵉ siècle.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
