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Kisangani : La situation des enfants vulnérables reste alarmante 17 ans après la loi

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Dix-sept ans après l’adoption de la loi congolaise sur la protection de l’enfant, des acteurs de la société civile et des élus ont dressé à Kisangani un état des lieux jugé préoccupant, appelant à des actions urgentes et concrètes.

Réunis à Kisangani, samedi 10 janvier 2026, à l’occasion du 17ᵉ anniversaire de la loi portant protection de l’enfant en République démocratique du Congo, des organisations de la société civile, une fondation et des responsables politiques ont évalué la mise en œuvre de ce texte, en mettant en lumière d’importantes insuffisances sur le terrain.

L’activité, organisée par l’ONG Congo Hope Initiative (CHI ASBL) en partenariat avec la Fondation Doudou Fwamba, a été marquée par des séances de sensibilisation et de plaidoyer. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de faire connaître le contenu de la loi et de rappeler les responsabilités des familles, des institutions et des autorités publiques.

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Selon le coordonnateur de l’ONG, le professeur Trésor Grison Kakumbi, la loi repose sur plusieurs principes fondamentaux encore largement méconnus par une partie de la population. Il a estimé que la célébration de cet anniversaire devait surtout servir de cadre pour interpeller les décideurs sur les écarts persistants entre les engagements juridiques et la réalité vécue par les enfants.

Sur le terrain, la présence d’enfants vivant ou fréquentant la rue demeure une réalité visible à Kisangani. Enfants abandonnés, déplacés ou issus de familles fragilisées continuent d’évoluer dans un environnement précaire, malgré l’existence d’un cadre légal censé les protéger.

Les intervenants ont relevé que plusieurs mécanismes prévus par la loi restent peu opérationnels. Le Tribunal pour enfants, bien que fonctionnel, fait face à des contraintes institutionnelles et juridiques qui limitent son efficacité.

Partenaire de l’événement, la Fondation Doudou Fwamba a annoncé son intention de renforcer son action en faveur des enfants vulnérables, à travers des programmes de retour à l’école, d’accompagnement social et de formation professionnelle, destinés aux enfants ne pouvant plus intégrer le système scolaire classique.

Présent à la rencontre, le député national élu de Kisangani, Fontaine Mangala, a appelé à une prise de conscience collective. Il a estimé que la persistance des enfants de la rue, après près de deux décennies de cadre légal, traduit un manquement partagé entre les familles, les autorités et les décideurs publics.

Dix-sept ans après son adoption, la loi sur la protection de l’enfant reste confrontée à un défi majeur, transformer les principes juridiques en actions concrètes, capables d’améliorer durablement la situation des enfants les plus vulnérables à Kisangani et ailleurs en RDC.

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