Kisangani : Quarante jours après, une cérémonie émouvante en mémoire de Joël Mbiya

Ce samedi 22 novembre, au cimetière Paradiso, famille, amis, journalistes et militants se sont réunis pour rendre un dernier hommage à Joël Mbiya, quarante jours après son décès.
La matinée du samedi 22 novembre restera gravée dans la mémoire de ceux qui ont connu et aimé Joël Mbiya. Sous un ciel calme, la famille du journaliste et coordonnateur du mouvement citoyen FILIMBI, accompagné de proches, de collègues et de militants, s’est retrouvée au cimetière Paradiso pour la cérémonie de pose de sa pierre tombale, marquant le quarantième jour de sa disparition.
Un moment de recueillement solennel a été dirigé par un abbé, venu bénir la tombe de celui qui, pour beaucoup, incarnait l’engagement citoyen et la rigueur professionnelle. Après la prière, les militants du mouvement FILIMBI ont entonné des chants et fait retentir leurs sifflets, geste symbolique pour honorer la mémoire de leur compagnon de lutte.


Lors de cette cérémonie, Monsieur Achille Mbiya, le père biologique de Joël, a pris la parole avec une émotion palpable. Il a tenu à exprimer sa gratitude envers tous ceux qui, de près ou de loin, ont accompagné son fils.
« Je remercie Monsieur l’abbé qui m’avait téléphoné la nuit pour me demander quand il fallait bénir la tombe. Je remercie les militants de la LUCHA, de FILIMBI, ainsi que tous les autres militants du mouvement citoyen. Je tiens à remercier tout le monde. Ça fait 32 ans que j’ai lutté pour cet fils, je me suis battu pour cet enfant jour et nuit. »


Évoquant les difficultés traversées par Joël, souvent malade mais toujours déterminé à poursuivre ses études, il confie :
« Même pour faire l’examen de sa troisième année, cet enfant l’avait fait alors qu’il était vraiment malade. Le docteur m’avait dit, si cet enfant ne fait pas ses examens, vraiment il va mourir, car il aime beaucoup ses études. Alors c’est mieux qu’on commence à lui laisser d’aller passer ses examens puis qu’il retourne à l’hôpital. C’est ainsi qu’il faisait, le jour de l’examen, bien qu’il soit malade, il partait faire l’examen et puis retournait à l’hôpital. Et j’ai été vraiment honoré par mon fils. »
Sur les circonstances de son décès, le père de Joël garde une dignité touchante :


« Ceux qui ont contribué à la mort de mon fils, moi je n’ai rien à leur faire payer. Je laisse tout entre la main de Dieu, lui qui est le juge suprême. Même à Kinshasa, les gens continuent des démarches pour la justice sur la mort de Joël, mais moi je ne ferai rien. Celui-là était mon fils préféré, mon fils bien-aimé. »
Il a également tenu à saluer les acteurs qui ont contribué au parcours de Joël :
« Je remercie toute l’équipe de kis24, car c’est eux qui ont fabriqué Joël pour la classe journalistique. Même si c’est moi qui avais commencé, c’est eux qui ont fait en sorte qu’il soit très fort comme il était. Je remercie mes collègues enseignants de l’Université, ceux de l’UNIKIS, de l’IFA/Yangambi, et autres. »
Décédé le mercredi 8 octobre 2025 vers 9h40 à la suite d’une crise soudaine, Joël Mbiya, âgé de 32 ans, avait été inhumé le 18 octobre au cimetière Paradiso. Journaliste engagé au média kis24.info et figure active de Filimbi, il laisse derrière lui une empreinte forte dans la sphère citoyenne de Kisangani.
Cette cérémonie des quarante jours, profondément marquée par la dignité, l’affection et le respect, a permis à tous de raviver son souvenir et de mesurer l’impact de son engagement.
Au terme de cet hommage, alors que la pierre tombale repose désormais sur la sépulture de Joël Mbiya, un sentiment demeure, celui d’un homme parti trop tôt, mais dont la voix, les valeurs et le combat continueront d’inspirer bien au-delà du cimetière Paradiso.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
