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RDC : La gestion du FRIVAO au cœur d’une polémique autour du ministre Guillaume Ngefa

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Une correspondance dénonçant les orientations actuelles du ministre d’État, ministre de la Justice Guillaume Ngefa, dans la gestion du FRIVAO relance les inquiétudes sur l’éthique et la transparence. Le document a été consulté par yokainfos.com ce samedi 22 novembre.

La crise autour du Fonds Spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda, FRIVAO en sigle, connaît un nouveau rebondissement. Dans une correspondance consultée par l’équipe rédactionnelle de yokainfos.com ce samedi 22 novembre, un ton particulièrement préoccupant est employé pour dénoncer ce qui est présenté comme un tournant inquiétant dans la manière dont le nouveau ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, aborderait la gouvernance de cet établissement public.

Selon le document, l’histoire récente du FRIVAO reste marquée par des dérives majeures, principalement dues aux interférences politiques, alors que cette structure dotée d’une autonomie administrative et financière semble être ignorée par l’actuel ministre de la Justice. La lettre rappelle comment, sous le précédent ministre, un arrêté jugé illégal aurait suspendu sans motif les mandataires régulièrement nommés par le Président de la République, dont Mgr François Mwarabu, pourtant reconnu pour une gestion irréprochable, validée par l’IGF et la Cour des comptes.

Cette suspension, poursuit le document, avait permis l’installation d’un groupe de militants sans expertise dans l’indemnisation, ouvrant la voie à de graves dérives. Des enquêtes et témoignages évoquent aujourd’hui des cas de détournements de fonds et de corruptions qui auraient gravement altéré le processus, des pratiques qui, selon la lettre, n’auraient pas épargné le cabinet du ministre sortant.

Alors que des enquêtes sont en cours au Parquet général près la Cour de cassation, le texte insiste sur la nécessité d’établir les responsabilités afin que justice soit rendue aux victimes. C’est dans ce contexte déjà sensible que les choix actuels du ministre Guillaume Ngefa suscitent de nouvelles interrogations.Le document s’interroge :

« Pourquoi le ministre d’État Guillaume Ngefa semble-t-il ignorer avec tant d’inattention la Coordination en place, composée de membres nommés par le Président de la République, pour proposer lui-même des intérimaires à la tête du FRIVAO, alors que le mandat de cette équipe est encore en cours ? »

Il poursuit :

« Quels reproches sont véritablement formulés à l’encontre de Monseigneur Mwarabu François et de son équipe, pourtant reconnue pour sa rigueur ? »

Pour l’auteur, cette démarche constitue un risque à la fois juridique et éthique. Elle pourrait être interprétée comme une tentative de prise de contrôle d’un processus déjà entaché par des scandales passés, sans justification claire et au détriment d’une équipe qui a démontré son sérieux et sa compétence. Le texte met en garde contre une possible réorientation politique de la gestion des fonds, ce qui pourrait compromettre à nouveau la réparation des victimes.La correspondance appelle à un strict respect du décret d’organisation et de fonctionnement du FRIVAO, ainsi que de son règlement intérieur et de son cadre organique, rappelant qu’agir autrement serait un abus de l’autorité de tutelle.

Elle conclut en exhortant à l’implication personnelle du Président de la République, présenté comme le garant du bon fonctionnement des institutions. Pour l’auteur, seule une intervention à ce niveau pourrait empêcher le retour des dérives passées et préserver un mécanisme d’indemnisation déjà fragile.

Le message, signé par Maître Stonny Kimwanga Ndala, avocat au Barreau de Matete et activiste des droits de l’homme, se veut un avertissement solennel, le FRIVAO se trouve à un moment charnière, et la moindre erreur pourrait replonger les victimes dans un cycle d’injustices auquel elles espéraient tourner la page.

Entre luttes d’influence et enjeux de justice, le FRIVAO s’impose aujourd’hui comme un révélateur de la capacité ou de l’incapacité des institutions congolaises à restaurer la confiance et garantir la réparation due aux victimes.

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