
Les violences survenues lors de la manifestation des médecins à Kinshasa continuent de susciter des réactions dans la classe politique. Le député national Laddy Yangotikala, également médecin de profession, appelle le gouvernement à présenter des excuses à la corporation médicale et à garantir le respect de la dignité des professionnels de santé.
Les images montrant des médecins malmenés par les forces de l’ordre lors d’une manifestation organisée mercredi à Kinshasa continuent d’alimenter le débat en République démocratique du Congo. Parmi les voix qui se sont élevées pour dénoncer ces faits figure celle du député national Laddy Yangotikala, élu de Kisangani et médecin de profession.
Intervenant sur le plateau de Télé 50, le parlementaire a exprimé son indignation face au traitement réservé aux professionnels de santé qui manifestaient pour revendiquer notamment leur alignement à la prime de risque. Il a estimé que les médecins méritent considération et respect au regard de leur rôle dans le système de santé.
« Ces médecins ont consacré toute leur jeunesse pour la formation afin de pouvoir soigner. La moindre des choses, c’est de les traiter avec dignité », a déclaré Laddy Yangotikala.
Au cours de son intervention, le député a également évoqué la situation précaire dans laquelle travaillent de nombreux jeunes médecins affectés dans les structures sanitaires publiques. Pour illustrer son propos, il a rappelé le cas d’un médecin décédé en Ituri alors qu’il n’avait, selon lui, jamais bénéficié de sa rémunération ni de sa prime de risque.
« Le premier médecin qui est mort en Ituri, c’est un jeune qui a fini dans mon université. Il n’a jamais été payé, il n’a jamais reçu sa prime de risque, et il est mort dans l’anonymat », a-t-il affirmé.
S’adressant aux forces de l’ordre, l’élu a appelé au respect de la profession médicale, rappelant le rôle essentiel joué par les médecins dans la prise en charge de la population.
« Lorsque vos femmes et vos enfants sont malades, ce sont ces mêmes médecins que vous bastonnez qui viennent à leur chevet, fidèles au serment d’Hippocrate », a-t-il déclaré.
Le député a par ailleurs mis en garde contre les conséquences que pourrait avoir la persistance des tensions entre les autorités et les professionnels de santé. Alors que plusieurs hôpitaux publics fonctionnent déjà au ralenti en raison des mouvements de grève, il estime qu’une aggravation de la crise pourrait fragiliser davantage le système sanitaire, notamment dans un contexte marqué par la résurgence de maladies telles qu’Ebola dans certaines provinces.
Dans un message publié sur son compte X, Laddy Yangotikala a réaffirmé sa position en demandant au gouvernement de reconnaître les torts causés à la corporation médicale.
« J’appelle solennellement le gouvernement à présenter ses excuses à la corporation médicale et à garantir un traitement digne à tous les professionnels de santé de la RDC », a-t-il écrit.
Ces déclarations interviennent alors que les revendications des médecins, portant notamment sur le paiement des primes de risque, les conditions de travail et l’amélioration de leur prise en charge, demeurent au centre des discussions. Au moment de la rédaction de cet article, le gouvernement ne s’était pas encore exprimé publiquement sur la demande d’excuses formulée par le député.
Cette nouvelle prise de position illustre l’ampleur du débat suscité par les événements de Kinshasa. Plusieurs observateurs estiment qu’un dialogue constructif entre les autorités et les représentants des professionnels de santé sera indispensable pour apaiser les tensions et préserver le bon fonctionnement du système sanitaire congolais.
