
La mort de « Manu », un primate rare du Jardin zoologique et botanique de Kisangani (JZBKis), suscite une vive émotion dans la ville de Kisangani. L’établissement dénonce un acte de violence ayant coûté la vie à un animal à forte valeur scientifique et appelle la population à adopter les bons réflexes en présence d’animaux sauvages en divagation.
Le Jardin zoologique et botanique de Kisangani (JZBKis) a exprimé sa profonde consternation après la mort de « Manu », un singe rare tué le 3 juillet dernier par des habitants alors qu’il s’était échappé de son enclos. À travers un communiqué rendu public ce mercredi 8 juillet, la direction de l’établissement condamne un acte qu’elle qualifie de regrettable et invite la population à privilégier le signalement aux autorités compétentes plutôt que de recourir à la violence.
Selon les explications fournies par le directeur-chef de site du JZBKis, François Matala Konga, le primate avait d’abord été aperçu sur le campus de l’Université de Kisangani (UNIKIS), avant de poursuivre sa course vers les environs du cimetière de Makiso. Au lieu d’alerter les responsables du zoo, plusieurs personnes l’auraient poursuivi, caillassé puis frappé à coups de bâton jusqu’à provoquer sa mort.
Pour les responsables du jardin zoologique, cette disparition représente une perte considérable.
« La disparition de MANU est une grande perte pour tous. La population ne doit pas céder à la panique face à un animal sauvage, mais plutôt alerter immédiatement les autorités compétentes », a déclaré François Matala Konga.
Le JZBKis précise que « Manu » vivait au sein de l’établissement depuis près de six ans et était habitué à la présence humaine. D’après la direction, l’animal ne présentait aucun comportement agressif susceptible de mettre la population en danger.
Au-delà de son importance pour le parc zoologique, le primate possédait également une valeur scientifique particulière. Selon les responsables, il était issu d’un croisement rare entre un babouin mâle et un cercocèbe femelle, une singularité biologique susceptible d’alimenter des travaux de recherche sur les primates.
Cet incident relance également la question de la cohabitation entre les populations et la faune sauvage dans les zones urbaines. Les responsables du JZBKis rappellent que, lorsqu’un animal s’échappe de son habitat, la réaction la plus appropriée consiste à prévenir rapidement les services spécialisés afin de permettre une intervention sécurisée, tant pour les habitants que pour l’animal.
La direction du jardin zoologique rappelle en outre que la capture, la maltraitance, la détention, la commercialisation ou encore la mise à mort d’espèces protégées constituent des infractions prévues et sanctionnées par la loi n° 24/020 du 30 décembre 2024 modifiant et complétant la loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature.
Au-delà de l’émotion suscitée par la disparition de « Manu », cet événement met en lumière les défis liés à la protection de la biodiversité en République démocratique du Congo. Les responsables du JZBKis espèrent que ce drame contribuera à renforcer la sensibilisation de la population sur la préservation de la faune sauvage, tout en favorisant une meilleure collaboration entre les citoyens et les services chargés de la conservation de la nature lors de situations similaires.
