
Le président français Emmanuel Macron a appelé à un dialogue renforcé entre la RDC et le Rwanda pour tenter de résoudre la crise sécuritaire dans l’Est congolais. Depuis Nairobi, il a exprimé des réserves sur l’impact des sanctions visant Kigali.
Le président français Emmanuel Macron a réagi à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, à l’occasion d’une interview accordée mardi 12 mai 2026 à plusieurs médias internationaux après le sommet Africa Forward tenu à Nairobi, au Kenya.
Interrogé sur les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali malgré les initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois, le chef de l’État français a estimé qu’une solution durable passait avant tout par un dialogue régional et une relance des mécanismes de médiation.
Emmanuel Macron a notamment évoqué l’accord conclu entre la RDC et le Rwanda en décembre dernier sous médiation américaine, reconnaissant que la situation sécuritaire restait préoccupante malgré les engagements pris.
Le président français a également exprimé ses doutes quant à l’efficacité des sanctions imposées par les États-Unis à certaines personnalités et structures liées au Rwanda. Selon lui, une multiplication des mesures punitives risquerait davantage de compliquer les efforts diplomatiques que de favoriser une coopération régionale.
Pour Paris, la priorité demeure la reprise d’un dialogue direct et respectueux entre le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, avec l’implication des différents médiateurs africains et internationaux déjà engagés dans ce dossier.
Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’une approche régionale intégrant également les autres pays concernés par les tensions sécuritaires dans la région des Grands Lacs, notamment l’Ouganda.
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis ont récemment renforcé leurs sanctions contre plusieurs responsables accusés d’implication dans l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC. Washington a notamment ciblé certaines personnalités liées aux forces rwandaises, entraînant de nouvelles réactions diplomatiques dans la région.
Dans l’Est congolais, les violences attribuées à la rébellion de l’AFC/M23 continuent d’alimenter les tensions entre Kinshasa et Kigali, malgré les différentes initiatives de paix lancées ces derniers mois par les partenaires régionaux et internationaux.
Abdoul ULAFIA
