
Douze mouvements citoyens du Sud-Kivu ont exprimé leur opposition à toute initiative de révision de la Constitution en RDC. Ces organisations dénoncent une tentative de prolongation du pouvoir et appellent à la mobilisation nationale pour défendre l’ordre constitutionnel.
La question de la révision constitutionnelle continue de susciter de vives réactions en République démocratique du Congo. Ce mardi 12 mai 2026, douze mouvements citoyens actifs dans la province du Sud-Kivu ont publié une déclaration conjointe pour rejeter toute modification de la Constitution de 2006.
Parmi les organisations signataires figurent notamment la LUCHA, Filimbi et plusieurs structures regroupées au sein du Front citoyen. Dans leur communiqué, ces mouvements accusent le pouvoir en place de vouloir ouvrir la voie à un maintien au pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution.
Les organisations citoyennes affirment que le contexte actuel du pays ne justifie pas un débat sur la réforme constitutionnelle. Elles estiment que les priorités nationales demeurent la crise sécuritaire dans l’Est du pays, la situation humanitaire et les difficultés sociales auxquelles font face les populations.
« La priorité aujourd’hui doit être la sécurité des populations et la stabilité du pays, pas la modification de la Constitution », soutiennent les signataires.
Cette prise de position intervient quelques jours après les déclarations du président Félix Tshisekedi sur la nécessité d’engager une réflexion autour de certaines dispositions constitutionnelles, des propos qui ont rapidement relancé le débat politique à travers le pays.
Dans leur déclaration, les mouvements citoyens mettent également en garde contre toute tentative qu’ils considèrent comme une remise en cause de l’alternance démocratique. Ils appellent les confessions religieuses, les partis politiques d’opposition, les jeunes ainsi que les forces sociales à rester mobilisés pour défendre l’ordre constitutionnel actuel.
Les signataires affirment enfin leur volonté de poursuivre des actions citoyennes pacifiques afin de sensibiliser la population sur les enjeux liés à une éventuelle révision de la Loi fondamentale.
Ce nouveau front de contestation risque d’intensifier davantage les tensions politiques autour du débat constitutionnel, dans un contexte déjà marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est de la RDC.

Journaliste chez YOKA INFOS/Kisangani ville.