
Des éléments de l’AFC/M23 ont commencé à se retirer de plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu. Une évolution accueillie avec soulagement par une partie de la population, même si les inquiétudes sécuritaires restent présentes.
Selon des sources locales, les mouvements de retrait ont été observés depuis la soirée du dimanche 10 mai 2026 dans plusieurs zones précédemment occupées par les combattants rebelles, notamment à Sangé, Mutarule, Nyakerebe, Luberizi, Katobo, Mulenge et Lemera.
Les colonnes de combattants se seraient dirigées vers Kamanyola, dans un contexte marqué par des discussions autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans la plaine de la Ruzizi, plusieurs habitants disent suivre l’évolution de la situation avec prudence après des mois de tensions et d’incertitudes sécuritaires.
« Ce lundi 11 mai, le territoire d’Uvira, de Sangé jusqu’à Katogota, est totalement libéré grâce aux efforts de notre président Félix Tshisekedi », a déclaré Robert Mayani, acteur de la société civile locale.
Le chef de la cité de Sangé, Fikiri Mudeda Paul, a confirmé le retrait des éléments rebelles dans sa juridiction. Il appelle toutefois la population au calme et à la cohésion sociale afin d’éviter toute nouvelle tension dans cette zone frontalière sensible.
L’autorité locale insiste également sur la nécessité de lutter contre les discours de haine et de favoriser le retour des déplacés ayant fui les violences dans la région.
Située à la frontière entre la RDC, le Rwanda et le Burundi, la plaine de la Ruzizi occupe une position stratégique dans la région des Grands Lacs. Cette zone est régulièrement affectée par les tensions sécuritaires liées aux groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Ce retrait intervient alors que les autorités congolaises annoncent parallèlement le redéploiement des Forces armées de la RDC dans certaines zones concernées afin de sécuriser les populations et prévenir toute nouvelle occupation rebelle.
Malgré ce début de retrait, plusieurs observateurs appellent à la vigilance, estimant que la stabilité durable de la région dépendra notamment du maintien des efforts diplomatiques, sécuritaires et humanitaires engagés dans le Sud-Kivu.
Abdoul ULAFIA
