RDC : Peter Kazadi estime que le débat sur la Constitution ne doit pas être redouté en démocratie

Dans une publication faite samedi 7 mars 2026 sur son compte X, l’ancien vice-Premier ministre de l’Intérieur, Peter Kazadi, a livré sa réflexion sur le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
Dans son message, Peter Kazadi rappelle que la révision constitutionnelle et le changement de Constitution sont des notions relevant essentiellement des sciences juridiques, notamment du droit constitutionnel et de la science politique. Selon lui, il est inexact de soutenir que les discussions autour de ces concepts ne seraient ni scientifiques, ni juridiques ou sociologiques.
Pour l’ancien membre du gouvernement, ces questions occupent au contraire une place centrale dans les analyses doctrinales et académiques au sein des démocraties contemporaines, où elles alimentent les réflexions des constitutionnalistes, des politistes et des sociologues du droit.
Dans son argumentation, il souligne également que la Constitution, en tant que norme fondamentale de l’État, ne doit pas être perçue comme un texte figé. Elle constitue, selon lui, le reflet d’un équilibre politique et social à un moment donné de l’histoire d’une nation.
Dès lors, explique-t-il, le débat constitutionnel reste avant tout un débat politique porté par les acteurs politiques, avant de s’élargir progressivement à l’ensemble de la société, appelée en dernière instance à se prononcer.
Peter Kazadi rappelle à ce propos que l’article 5 de la Constitution prévoit que la souveraineté nationale appartient au peuple, lequel l’exerce notamment par voie de référendum. Ce mécanisme permet ainsi au peuple de trancher sur les options institutionnelles proposées par les différentes forces politiques.
Dans ce contexte, il estime que la sortie médiatique de Modeste Bahati Lukwebo doit être comprise comme l’expression d’un point de vue politique personnel, distinct de l’analyse des constitutionnalistes qui s’appuient, quant à eux, sur une démarche scientifique et comparative.
Peter Kazadi rappelle par ailleurs que le droit constitutionnel organise et canalise les rapports de forces politiques au sein d’une société. Selon lui, la Constitution est souvent l’expression juridique d’un compromis politique issu d’un rapport de forces à un moment donné de l’histoire nationale.
Dans cette logique, ajoute-t-il, les évolutions constitutionnelles traduisent fréquemment la volonté de l’opinion politique majoritaire, laquelle cherche ensuite à convaincre le peuple de valider les options institutionnelles proposées.
Il compare enfin le constitutionnaliste à un véritable architecte de l’ordre politique et institutionnel, chargé de concevoir l’organisation des pouvoirs publics, l’équilibre des institutions et la protection des libertés fondamentales en tenant compte des aspirations de la société.
Pour Peter Kazadi, le débat constitutionnel ne doit jamais être redouté dans une démocratie. Il doit au contraire être encouragé, à condition d’être mené avec sérénité, responsabilité et respect mutuel, afin de permettre l’émergence d’une opinion majoritaire éclairée au service de l’intérêt supérieur de la Nation.

Journaliste|PDG du média YOKA INFOS
