Bruxelles-Bukavu : Bahati Lukwebo nie être actionnaire dans la société ayant acquis Bralima Bukavu

Ce mercredi 4 mars 2026, à Kinshasa, Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, a fermement démenti toute implication dans le rachat de la brasserie Bralima Bukavu et annoncé avoir saisi la justice pour diffamation.
L’affaire fait suite à l’annonce faite en novembre dernier par Heineken N.V. de transférer la brasserie de Bukavu, dans l’Est de la RDC, à Synergy Ventures Holdings Ltd, une société mauricienne. Dans un contexte marqué par l’occupation de la région par la rébellion de l’AFC/M23, certains rapports ont suggéré, sans preuves, l’implication de Modeste Bahati Lukwebo dans ce transfert.
Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, l’ancien président du Sénat a qualifié ces allégations de fausses et infondées et dénoncé ce qu’il considère comme une manœuvre destinée à le discréditer politiquement et à nuire à sa réputation auprès du chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il a notamment précisé que, victime de l’occupation de l’Est par la rébellion, il ne pourrait en aucun cas composer avec ses bourreaux.
« Je dénonce un rapport erroné du directeur général de Bralima, Étienne Saada, adressé au cabinet du chef de l’État, laissant croire à ma participation dans la société ayant acquis Bralima Bukavu. Cette information est fausse. J’ai décidé de saisir la justice pour rétablir mon honneur et ma réputation », a déclaré Bahati Lukwebo.
L’ancien président du Sénat a dénoncé un climat où certains acteurs politiques ou administratifs chercheraient à exploiter de fausses informations pour le diaboliser et l’opposer au président Tshisekedi, malgré sa loyauté à l’Union Sacrée. Selon lui, ces manœuvres mettent en péril non seulement son image personnelle mais également la stabilité des institutions nationales.
Dans ce cadre, Modeste Bahati Lukwebo a annoncé le dépôt d’une plainte à la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe contre Étienne Saada, le cabinet Liedekerke et autres parties, les accusant de diffamation, imputations dommageables et dénonciation calomnieuse. Il précise que son nom aurait été inséré sans son accord dans la structure ayant acquis la brasserie, ce qui porte atteinte à ses droits et à sa réputation.
Heineken a, pour sa part, expliqué que le transfert de Bralima Bukavu était motivé par la perte du contrôle opérationnel de la brasserie et par des objectifs humanitaires visant à sauvegarder les emplois et les moyens de subsistance, tout en garantissant la sécurité et le bien-être des employés dans un contexte sécuritaire instable. La société conservera une option de rachat à exercer trois ans après la vente, si les conditions permettent une reprise viable des opérations.
Cette affaire illustre la sensibilité des opérations commerciales dans l’Est du pays, où le contexte sécuritaire et politique peut rapidement se transformer en enjeu médiatique et juridique. Elle souligne également l’importance de vérifier les informations avant leur diffusion et le rôle de la justice pour protéger la réputation des personnalités publiques dans des contextes aussi complexes.
Par : Abdoul ULAFIA

