531616

KISANGANI : Le drone utilisé pour attaquer l’aéroport de Bangboka aurait été lancé hors des zones contrôlées par l’AFC/M23 (Ebuteli)

531616
Un rapport mensuel d’Ebuteli met en doute la provenance du drone ayant visé l’aéroport de Kisangani et souligne une intensification préoccupante des frappes aériennes dans l’est de la RDC.

La situation sécuritaire demeure volatile dans l’est de la République démocratique du Congo, malgré l’annonce du retrait de l’AFC/M23 d’Uvira. Dans son rapport publié le 19 février, le Kivu Security Tracker, projet de monitoring piloté par Ebuteli, fait état d’une recrudescence des opérations menées par drones, aussi bien par les Forces armées de la RDC (FARDC) que par la rébellion.

Le document revient sur plusieurs incidents enregistrés en janvier. Le 2 janvier, une frappe attribuée aux FARDC aurait visé des combattants de l’AFC/M23 à Masisi, dans le Nord-Kivu. Selon le rapport, l’attaque aurait entraîné la mort de sept civils et fait plusieurs dizaines de blessés. Les installations de l’ONG War Child auraient également été endommagées.

Le 14 janvier, un drone kamikaze aurait frappé un hôtel du quartier Kalundu à Uvira, présenté comme un lieu de réunion de cadres du M23. Le bilan humain reste incertain, mais des sources évoquent de nombreuses victimes, civiles et combattantes. Quelques jours plus tard, les 22 et 23 janvier, d’autres frappes aériennes auraient ciblé des positions et bases logistiques de l’AFC/M23 dans le territoire de Walikale, notamment à Buleusa ainsi que dans les villages de Mpeti et Mindjendje.

S’agissant de l’attaque survenue dans la nuit du 31 janvier au 1er février contre l’Aéroport international de Bangboka, à Kisangani, le rapport apporte un éclairage technique notable. Bien que l’opération ait été revendiquée par l’AFC/M23, elle n’aurait causé aucun dommage significatif aux installations militaires, selon des sources sécuritaires citées.

L’analyse du drone utilisé, identifié comme un modèle YIHA-III, indique qu’il dispose d’un rayon d’action inférieur à 300 kilomètres. Sur cette base, le rapport estime que l’engin n’aurait pas pu être lancé depuis une zone alors sous contrôle de la rébellion, remettant ainsi en question la version initialement avancée.

L’attaque avait provoqué une réaction ferme de l’Union africaine. Dans un communiqué publié le 6 février, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, avait condamné toute attaque visant une infrastructure aéroportuaire située en milieu urbain, estimant qu’un tel acte constitue une grave violation du droit international humanitaire et expose les populations civiles à des risques accrus.

Ces développements interviennent plusieurs mois après la conclusion des accords de Washington entre Kinshasa et Kigali. Sur le terrain, cependant, les affrontements persistent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les discussions engagées à Doha sous médiation qatarie peinent à produire des effets concrets.

Au-delà des revendications et des démentis, le rapport met en évidence une évolution significative du conflit : le recours croissant aux drones, qui modifie les modes opératoires et élargit le champ des hostilités, dans un contexte régional toujours marqué par une forte instabilité.

Publications similaires

Laisser un commentaire